Cosmogonie de l'Angakok : une architecture du soin
"L'inhabitable est notre site et l'effraction sans suite."
Exil, Saint-John Perse
"Auparavant, son nom était Luz."
Genèse 28:19
LE SANCTUAIRE DE L'ANGAKOK - L'ESPRIT DU LIEU
Le Sanctuaire de l'Angakok n'est pas un espace de consultation classique : c'est un Temenos, un espace sacré retranché du monde, une citadelle immatérielle ouvragée de symboles sertis dans l'âme du lieu et de sa gardienne. S'épanouissant aux confins des mondes psychiques, sauvages et esthétiques, il agit en Athanor :
le fourneau alchimique où s'opère la transmutation des souffrances de l' intime.
La cité encryptée de Luz, noyau irréductible et éternel, os impérissable de l'être dont chaque psyché recèle, s'ouvre à quiconque parvient à une tension quasi-parfaite entre la douleur de vivre, le désir de connaître, et le courage du temps. Le chemin exige une initiation et l'initiation est une alternance de marche et de bond. Une entrée dans les mouvements du dedans. Il s'agit, comme l'image le texte, de sauter de l'amandier creux, à la grotte et de la grotte à la cité. Ainsi, on entre toujours plus et de creux en creux, le vaste se crée.
Né d’un processus personnel et d’un exil assumé, ce lieu a reçu le baptême de l’Angakok, figure de la magicienne et chamane des peuples du Nord qui soigne en voyageant dans les profondeurs de l'âme, flanquée de ses consciences animales et rendue experte dans l'analyse des rêves et la lecture des phénomènes naturels au présent. C’est une maison devenue vibrante, connectée à la terre et aux lunes, où la psychanalyse s'allie au vivant sous le sceau de l’inviolabilité et du secret pour soigner l'humain, l'animal, et les liens.
VOLTE - " CE QUI EST EN BAS EST COMME CE QUI EST EN HAUT ET CE QUI EST EN HAUT EST COMME CE QUI EST EN BAS " - La table d'Emeraude
Au commencement était VOLTE. Créée en 2021, l'association a été le premier bassin de l'alambic, temps et lieu des premières intentions.
Emprunté à l’italien et aux racines du latin voltare, ce nom est l'acte fondateur du lieu, le secret du processus. VOLTE emprunte sa force à la volte du cheval, cette inflexion souveraine qui brise la ligne droite et la répétition, qui approfondit le carré en cercle. Il s'adosse également à la mémoire de la Volta, cette danse médiévale suspendue où, posant un genou à terre, l'homme offre à sa partenaire, le point d'appui nécessaire au pivot, changeant ainsi radicalement la direction du mouvement, réconcilié avec l'élan d'un désir vers l'avant. Ainsi, Volter, c'est trouver ce point au plus bas, dans la terre ou dans la chair, au cœur du Luz, pour transfigurer la trajectoire. C’est le mouvement même de la matière qui se retourne sur elle-même au coude de l’alambic pour s’y sublimer ; c'est le virage intime de la cure où le sujet bifurque enfin vers son propre destin.
Enfin, c’est aussi la volta, la voûte de pierre qui s’arrondit pour protéger.
Par l'alliance de la psychanalyse, des thérapies psychocorporelles et de la création artistique, VOLTE a ainsi édifié le premier espace où se dire tout entier : un enfeu conçu pour explorer en sécurité les terrains d'inconfort et refondre les chemins de la violence.
Par des opérations successives de maturation, cette force initiale et ce mouvement de rupture se sont condensés pour donner naissance au Sanctuaire de l'Angakok, qui englobe et réalise aujourd'hui cette promesse de soin.
LA RESERVE DES HIPPOSAGES : LE POUMON SAUVAGE
Au cœur de ce sanctuaire respire La Réserve des Hipposages. Lieu chéri, lieu rêvé, fusion de délicatesse, de poésie et de sauvage pour ceux, animaux et humains, qui traversent ce monde avec intensité et sensibilité. L'expression libre des chevaux, l'absence absolue de contrepartie d'usage ou d'exploitation, et l'écoute inconditionnelle y sont des dimensions fondamentales et veillées.
Une mémoire y prend racine : celle des consciences équines, des corps qui se réparent en liberté, et des présences sauvages qui ont scellé l'esprit du lieu — à l'image d'Octobre, ce sanglier qui y trouva refuge un an durant.
C’est cet adossement au vivant et à ses mystères qui fonde la densité du domaine. Les chevaux et les bêtes de passage donnent au Sanctuaire son feu, ses contours et ses limites. C’est à cette altérité radicale que je dois ma définition de la responsabilité, du mouvement, de la vie et du soin engagé.